A la recherche d’un travail…

Chercher du travail à Paris en tant qu’étranger est presque aussi difficile que trouver un appartement. Bien sûr, on peut toujours trouver des heures de baby-sitting ou donner des cours d’allemand. Mais si on veut travailler pour une entreprise, c’est souvent plus difficile.

Mon premier essai a été de travailler comme hôtesse pour un musée à Paris. Ayant déjà visité de nombreux musées de la capitale, ce travail ne me paraissait pas très compliqué. Aussi, je me suis dit que j’avais les capacités nécessaires. Je savais que mon français n’était pas encore parfait, mais il était assez bon pour comprendre et me faire comprendre. L’entretien était évidemment en français : La personne responsable du recrutement m’a confirmé que mon niveau était déjà très bon et même mieux que celui des autres étrangers qui s’étaient présentés pour le poste. Apparemment pas assez bon quand même puisque je n’ai pas été retenue, la responsable jugeant que mon rôle aurait été plus d’accompagner des Français que des étrangers. J’ai eu du mal à croire ce qu’elle m’a dit car Paris est la ville la plus touristique du monde et selon moi, ce sont surtout les étrangers qui visitent les musées. Je suis donc sortie un peu déçue de cet entretien et surtout sans travail. Quelques mois plus tard, j’ai postulé à nouveau pour un poste en tant qu’hôtesse, cette fois-ci dans le secteur de l’événementiel. C’était une agence d’hôtesses dans le 16ème arrondissement. Il fallait tout de suite se présenter en tailleur. Je me suis donc acheté un tailleur pour l’occasion et suis allée à l’entretien. Cette fois-ci plus confiante que la première fois car mon français avait nettement évolué. Il y avait beaucoup d’autres filles avec moi, que des Françaises. J’avais l’impression que cela s’était bien passé. Même si je n’avais pas d’expérience comme les autres, je me suis dis que le fait de parler trois langues allait m’aider. Le lendemain matin, j’ai rappelé l’agence. Je n’étais pas retenue. Je n’ai même pas voulu connaître la raison. Je suis retournée au magasin et j’ai rendu mon tailleur.

Après d’autres recherches, j’ai finalement trouvé du travail en tant que télé-enquêtrice.

Cette fois-ci, ma langue maternelle a été bien utile puisqu’il s’agissait d’appeler les entreprises en Allemagne. J’ai fait deux enquêtes différentes : la première consistant à tester la satisfaction des vendeurs avec les produits d’une marque électronique et la seconde à interroger mes interlocuteurs sur leur satisfaction avec les livreurs de fer.
Les vendeurs au magasin avait rarement le temps de répondre pendant 20 minutes à un questionnaire et l’industrie du fer était justement en crise en Allemagne à ce moment-là. Aussi dès que je posais une question concernant le fer, soit on me raccrochait au nez, soit j’écoutais pendant quinze minutes leur mécontentement de la situation. Bien évidemment après, ils n’avaient plus envie de perdre du temps en répondant à mes questions. Parfois, je n’ai pas rempli un seul questionnaire pendant huit heures.
Heureusement, j’ai été payé à l’heure et non pas au questionnaire. Même si c’était dur comme travail, il était bien payé et à Paris c’est très important.
Un travail beaucoup plus amusant a été la retranscription d’un documentaire allemand sur un réalisateur bavarois de films érotiques dans les années 60. La retranscription servait pour le sous-titrage du film, sélectionné pour un festival au Centre Pompidou. Malheureusement, cela n’a duré qu’une semaine et il est assez rare de travailler pour des sociétés de sous-titrage.

Travailler en tant qu’étudiant étranger n’est donc pas facile si on cherche un travail dans le domaine de ses études. Mais le baby-sitting, les cours de langue, faire le service dans un restaurant ou encore les enquêtes par téléphone restent des possibilités pour arrondir ses fins de mois.
 

Courriel de juillet à septembre

Bonjour,

J’ai reçu beaucoup de commentaires pendant l’été et je vous remercie pour tous vos encouragements !
En ce qui concerne le courriel du mois de septembre : cette fois-ci je vous fais découvrir mon échange très sympathique et enrichissant avec Clara, une française qui vit aujourd’hui en Belgique.
Vos commentaires :
 
« Je suis une habituée du blog que je trouve vraiment très sympa, bien écrit, instructif et plein d’humour. » Christine
 
« Je viens de lire ton blog intégralement, il est très bon, j’adore lire ce que les gens pensent des Français. » Thibaut
 
« Merci Andrea de nous avoir fait partager ta vie en France. C’est passionnant. Ca m’a un peu rappelé deux mois en Allemagne et un an en Angleterre, quand j’avais 20 ans, il y a 40 ans déjà ! Mais nous n’avions pas de blogs. J’espère que tu continueras ! » Elisabeth
 
« J’ai bien aimé certains de tes posts parce que je m’y suis retrouvé, quand j’étais moi-même Erasmus à Vienne. Et aussi parce que ça me retransporte à chaque fois dans l’atmosphère du film de [Cédric] Klapisch: « L’auberge espagnole ». » Christophe

Le courriel du mois de septembre :
Clara : Andrea, ce que tu décris est bien le fossé culturel entre l’université germanique » et l’université à la française. C’est une question de culture, mais aussi de mentalité. Pour tout te dire, moi française de bonne famille j’ai été élevée à l’école de a République dans l’idée qu’interrompre un cours pour poser une question était ‘une impolitesse extrême vis à vis du prof. (bon les choses ont largement changé depuis ma jeunesse… les profs du secondaires ne sont plus comme ça, et souvent les profs de fac ne sont pas formés de la même manière…) j’ai vécu un épisode surréaliste en fac d’allemand (dans les années 90), grâce justement à des allemandes.
Nous avions un cours de « travaux dirigés » ou TD c’est à dire un cours dans lequel logiquement on peut participer, contrairement un cours magistral – les seuls qui aient osé lever le doigt pendant un cours magistral étaient allemands, bien sur, et aucun prof ne leur a jamais donné la parole, se contentant de dire « ici c’est un cours magistral vous poserez vos questions en TD ». Bref, dans ce TD donc, le prof arrivait, balançait ses transparents qu’il lisait à toute allure, et personne n’avait le temps de rien noter. Les étudiants ont commencé à parler entre eux et les Allemandes (il y a surtout les filles en allemand) ont voulu aller demander au prof de changer de méthode.
J’étais évidemment morte de trouille et je m’attendais au pire. J’en ai même parlé à ma mère (très choquée de cette outrecuidance…). Heureusement pour nous le prof était franco-allemand (donc pas complètement bouché ;-) ) ) il a écouté la demande des deux étudiantes qui s’étaient dévouées pour lui parler et nous a proposé à tous un aménagement: dorénavant il voulait bien nous fournir ses transparents une semaine à l’avance pour qu’on aie le temps de les lire, et pas besoin d’écrire ce qu’il y avait dessus Ce fut une révolution plus importante que Mai 68 au Grand Palais (fac d’allemand de Paris IV). Mais je n’ai jamais su s’il avait conservé cette nouvelle méthode des années suivantes…

Andrea : Bonjour Clara,
C’est vraiment très intéressant ce que vous décrivez. Je ne connaissais pas en détail le système français. Aviez-vous fait des études en Allemagne ou uniquement en France ? Et avez-vous toujours des liens avec la langue allemande ? Bonne journée, Andrea

Clara : Bonjour Andrea,
Moi non plus je ne connais pas très bien l’autre système. Je n’ai jamais étudié en Allemagne (sauf un mois de cours d’été à Saarbrücken, c’était particulier (groupe d’étrangers) mais ça donnait déjà un petit aperçu des modes d’enseignement… très « participatifs »).
J’ai suivi un cursus qui ne m’a pas permis de profiter des bienfaits d’Erasmus car à mon époque, il fallait partir pendant le DEUG (les deux premières années de fac) or je suis passée par une « classe préparatoire » en lycée, puis j’ai intégré la fac en licence et donc c’était trop tard pour profiter d’une bourse Erasmus.
En sortant de mes études, je suis devenue prof d’allemand (lycée) pendant 1 an mais j’ai changé ensuite pour faire de la traduction. J’ai donc toujours un contact écrit (je traduis de l’allemand vers le français, mais d’autres langues aussi), par contre je n’ai plus très souvent l’occasion d’entendre et de parler allemand, sauf en privé par des amis.
A bientôt sur le blog, Clara

La BD

Je suis allée au marché aux livres du parc Georges Brassens. Tous les week-ends les gens peuvent acheter des livres d’occasion dans un très joli endroit. J’aime beaucoup les marchés aux livres. A Berlin, j’allais très souvent à la Museumsinsel pour acheter des livres d’occasion. A Paris j’en achète très peu parce que j’ai encore du mal à lire des romans en français. Je ne lis que des bandes dessinées. J’ai découvert ce genre de littérature en France. En Allemagne, ce sont des enfants et des jeunes qui lisent ce genre de bouquins. En France les BD sont lues aussi par les adultes et il y beaucoup de livres qui ne sont que pour adultes d’ailleurs.
Avant de venir en France je ne connaissais qu’Asterix et Obelix et Tintin et Milou (en Allemagne, on les appelle « Tim und Struppi »).
La bande dessinée est aussi diversifiée que la littérature : il y a des histoires policières (dans ce genre, j’aime beaucoup Jacques Tardi qui a adapté les histoires de Nestor Burma), on trouve aussi de la science-fiction, des histoires amours, et des biographies (dans ce genre, « La guerre d’Alan » et « Le Photographe » d’Emmanuel Guibert sont des albums que j’ai beaucoup aimés). Mais mon auteur favori est Jiro Taniguchi, un auteur japonais qui écrit des histoires très poétiques.

Voici quelques conseils de lecture :
« Quartier Lointain » de Jirô Taniguchi
« La série Nestor Burma » de Jacques Tardi
« La guerre d’Alan » d’Emmanuel Guibert
« Approximativement » de Lewis Trondheim
« Shenzen » de Guy Delisle

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