L’examen

Ça y est : j’ai passé l’examen sur Stefan Zweig. Il s’agissait d’analyser une scène d’Amok.
Au début la prof nous a distribué des feuilles d’examen pour qu’on ne puisse pas tricher en utilisant des feuilles préparées à l’avance. Je ne m’attendais pas à tant de discipline et j’ai eu l’impression de retourner à l’école. Afin de garantir l’anonymat des copies, les feuilles comportent un triangle à rabattre pour cacher son nom. Comme personne ne m’a expliqué cette manière de faire je ne l’ai découvert que le jour où la prof nous a rendu les feuilles. Lorsque j’ai eu ma note (11/20, la moins bonne note de la classe) je me suis dit que la prof m’avait notée plus sévèrement que les français qui ont tous eu 12 au moins.
Peut-être n’ai-je pas écrit mot à mot ce dont elle nous a parlé pendant le cours mais j’étais toujours bonne en analyse en Allemagne et l’examen était en allemand que je maîtrise quand même mieux que les autres. J’ai un peu de mal à accepter d’être la dernière d’un cours d’Allemand alors que c’est ma langue maternelle. Je trouve cela un peu injuste, et je regrette de n’avoir pas compris le système de feuilles à rabat.
Ce que j’ai trouvé touchant c’est que deux étudiants français m’ont réconfortée.
En Allemagne, le système de note est différent, les notes vont de 1 à 4 (1 étant la meilleure note). Les étudiants français m’ont appris qu’ici les notes vont de 0 à 20 (20 étant la meilleure note) et qu’avoir 20 points à un examen est quasiment impossible. 11/20 c’est plus que la moyenne du coup le résultat que j’ai obtenu n’est pas si mauvais.
Je m’entends beaucoup mieux avec les étudiants français et c’est certainement lié à l’amélioration de mon français. Nous arrivons mieux à nous connaître et nous pouvons plus facilement nous comprendre. Je me rends compte qu’il trouve aussi ce système de cours un peu ennuyant.

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Mes cours à la fac

J’ai trouvé un cours à la fac qui me plait bien. C’est un cours sur Kafka et le livre que nous traitons s’appelle L’Amérique. La prof est autrichienne et le cours est très vivant, comme en Allemagne. Nous sommes seulement 6 étudiants (le cours n’est pas obligatoire) et l’échange se fait très bien. C’est un cours que je ne sêche jamais et je retrouve le même plaisir à étudier la litterature que j’avais à Potsdam. Nous sommes deux étudiants allemands Erasmus et en dehors du cours la prof nous donne des conseils pour la vie à Paris et nous raconte souvent comment ça s’est passé pour elle lors de son arrivée en France. Je trouve cela encouragent car elle est aujourd’hui Prof à la fac et parfaitement bilingue. Je me dis que j’aimerais bien parler le français comme elle un jour. C’est quelque chose que je n’imagine pas du tout pour le moment. J’ai toujours des difficultés à comprendre et à m’exprimer. Même si j’apprends très rapidement. Je note tous les mots nouveaux dans mon cahier et avec un autre étudiant allemand on s’interroge pour mieux les mémoriser.
 
L’autre cours de littérature me permet de découvrir Amok et Le joueur d’échec de Stefan Zweig. Je ne connaissais pas ses livres et je suis passionée par son écriture captivante. Je souhaiterais en parler avec les autres étudiants pendant le cours mais ce cours de littérature est très différent des cours que j’ai eus en Allemagne : nous notons seulement l’analyse preparée par la prof et il n’y a pas de discussions. J’ai impression que les étudiants français ont l’habitude de ne pas participer oralement aux cours et que c’est un autre style d’enseignement.
Dans quelques jours nous allons écrire un examen et je me demande comment cela va se passer.

Premier jour à la fac …

Premier cours (en français) de littérature allemande à la fac. Je suis la seule étrangère parmi un petit groupe de 8 français. C’est un cours de littérature allemande. Je me présente et je demande (en français) à la prof de répéter sa dernière phrase. Elle la répète (en allemand) et me demande toujours en allemand et d’un ton étonné pourquoi je suis là. Puis elle semble se désintéresser de mon cas. Je pensais que, ce cours serait l’occasion d’avoir un échange avec des étudiants français mais en fait ; nous sommes là pour écouter un cours magistrale auquel nous ne sommes pas invité à participer. Je suis un peu déçue. En Allemagne, les étudiants participent beaucoup au cours. Pendant la pause une étudiante française me demande « Eh, allemande comment t’appelles-tu ? » Ensuite, elle me note son numéro de téléphone si j’ai des questions. Mais je reste un peu perplexe après cette première expérience. Du coup, je suis soulagée quand je revois les autres allemands dans la cour. Ma première occasion de contacts avec des étudiants français est assez décevante. J’espère que cela va s’améliorer.