Tarte flambée, Choucroute et Kougelhopf

L’autre jour une amie de passage à Strasbourg m’a demandée, si je ne connaissais pas une bonne pizzéria. En souriant je lui ai dit que « non », par contre je connais de bon petits restaurants où on peut manger une tarte flambée, la spécialité régionale, aussi appelée le  flamkuch . Un resto que j’aime vraiment bien c’est « L’Appart à Tartes » à la Petite France, le cadre est très sympa et les tartes sont très bonnes. Si on est à plusieurs, le plus souvent on en commande une pour tous et surtout une après l’autre, afin de pouvoir gouter différentes recettes. On la mange souvent accompagnée d’une bière fraîche brassée dans la région : la Fischer (fait à Schiltig-heim), la Kronenbourg et la 1664 (à Cronenbourg) où la Meteor (à Hochfelden ).

Une autre spécialité culinaire est la choucroute. A Paris, je voyais souvent des panneaux à l’entrée des restaurants : « l’arrivée du beaujolais nouveau », un vin de primeur qui est mis en vente, dans le monde entier le troisième jeudi de novembre. A Strasbourg, on fête l’arrivée de la nouvelle choucroute.

Choucroute_alsace

Il y a même une capitale de la choucroute : Krautergersheim. Kraut veut dire chou en allemand. Le dernier dimanche de septembre on y célèbre ce fameux chou lors de la fête de la choucroute. Malheureusement, je n’aime pas  le Sauerkraut, qui je trouve porte bien son nom en allemand, car pour moi elle est trop acide. Par contre, j’aime bien la viande avec laquelle elle est servie : le kassler, la palette ( porc fumée), la knack, le gendarme (saucisse fumée) et le waedele (jambonneau). La choucroute se mange même avec du poisson, la plupart du temps avec du saumon.

Pour parler des choses sucrées de l’Alsace, il faut bien sur citer le Kougelhopf.

kugelhopf

Une brioche décorée d’amandes qui se mange au petit-déjeuner. Mais il existe aussi une version salée du Kougelhopf garnie de lardons et de morceaux de noix, qui est servie pour l’apéritif. Une autre sucrerie bien connue sont les bredeles à Noël. Les mamans alsaciennes découvrent à cette période leurs sens du commerce en vendant leurs délicieux petits gâteaux secs qu’elles ont cuisinés sur des dizaines de plaques pendant des heures. Ce n’est bien sûr pas la seule chose à dire sur Noël, mais il est encore un peu tôt pour en parler d’avantage.

A la recherche d’une colocation

Trouver un logement à Strasbourg est bien plus facile qu’à Paris, et moins cher aussi. Mais la recherche d’une collocation est, elle aussi une vraie aventure. Après mes deux mois de remplacement, j’ai signé un contrat pour six mois. Je suis donc revenue à Strasbourg. La première semaine, j’ai pu resté chez une collègue, qui m’a gentiment laissé son appartement pendant ses vacances. Mais avant son retour il fallait que je trouve un chez-moi pour les mois à venir. J’avais donc exactement une semaine pour trouver un appartement. Ne voulant pas habiter seule, je me suis inscrite sur le site http://www.appartager.com pour trouver une collocation. Mes critères n’étaient pas trop compliqués. J’avais envie d’une petite collocation, de préférence avec une fille de mon âge et plutôt proche du centre, mais pas trop loin de mon travail non plus. Au total j’en ai visité cinq.

Le premier appartement était à la Robertsau. La fille était sympa, l’appartement et le quartier aussi, mais j’ai trouvé que c’était quand même un peu excentré.

Le deuxième jour, j’ai visité deux appartements en même temps. Le premier appartement était exactement entre mon travail et la ville, et en plus à seulement une rue de l’appartement où j’ai habité pendant l’été. Du coup, je connaissais déjà bien le quartier. La fille, une jeune étudiante, m’a tout de suite été sympathique. Le seul inconvénient que j’ai trouvé, c’était que l’immeuble était neuf et n’avait donc pas le charme des immeubles anciens qui sont quand même très nombreux à Strasbourg. J’ai donc mis une option pour cette collocation, mais je voulais encore voir autre chose.

Le soir même, j’avais un rendez-vous en ville dans un appartement avec une fille et un garçon. Tous les deux beaucoup plus jeunes que moi. L’appartement se voulait artistique, mais il ressemblait plutôt à quelque chose d’expérimentale. L’entretien aussi. J’avais vraiment l’impression de faire partie d’un casting avec caméra cachée. Avant de commencer les questions classiques : combien coûte le loyer ? Est-ce qu’il y a Internet ? Est ce que l’appartement est libre de suite ? Ils me citaient plein de groupes de musique pour savoir si je les connaissais. Honnêtement, je ne connaissais aucun de leur groupes favoris. A mon tour alors de leur citer mes groupes favoris, mes derniers albums achetés, les derniers concerts visités … ça leur semblaient très important pour la vie commune. Ce petit questionnement musical à déjà pris dix minutes sur l’entretien. Suite à ça ils ont commencés à citer leur chaînes de télé préférées, puis acteurs, artistes etc. Je me suis demandée où cela allait nous amener. Vers la fin nous avons enfin parlé de l’appartement. Il voulait connaître mon salaire pour savoir si je pouvais acheter de la peinture et si j’étais prête à investir d’avantage dans cet appartement.

L’entretien a duré environ 1 heure, avant que je parte, ils m’ont demandé si j’avais une dernière question, mais pour moi c’était tout vu. Mais la fille avait encore une : « Quel est ton signe astral ? » Je n’ai même pas voulu savoir si j’avais une chance d’être prise.

Le lendemain, j’avais encore deux appartements à visiter : dans le premier appartement habitaient deux garçons. L’appartement était sympa les garçons aussi, mais il n’était finalement pas libre tout de suite.
Le dernier appartement qui me restait à visiter était une collocation avec deux autres personnes mais j’avais l’impression qu’ils étaient au moins dix. Il y avait un désordre pas possible. L’évier de la salle de bain était complètement bouché, dans la cuisine et dans le salon se trouvaient plein des boites à pizzas vides, des vieux mouchoirs utilisés et autres objets indéfinissables.

La chambre a loué faisait exactement 3m2. Elle n’avait aucune porte et se fermait uniquement avec un rideau, fixé sur un espèce de manche à balai.
Une porte ne leur semblaient pas utile car selon eux « ils vivaient tous dans le salon ». Pour couronner le tout, c’était la chambre la plus chère en comparaison avec toutes les autres que j’ai vu.

Après cette visite, j’ai appelé directement la fille que j’avais vu en deuxième, dont l’appartement n’avait pas le charme d’un ancien immeuble mais au moins je savais que j’allais me sentir bien et chez moi. Au total j’y ai habité pendant neuf mois. Et je me suis toujours dit que j’avais fait le bon choix.